Prendre le temps de voyager en train
Il y a 25 ans, on m'aurait photographié vissé derrière un volant, sourire aux lèvres, prêt à avaler des kilomètres. J'étais un homme de la route. Un vrai. Le genre à trouver une certaine liberté dans le ronronnement d'un moteur, à considérer chaque trajet comme une aventure en soi.
Aller manger une glace à la mer ? Bien sûr ! Même quand on habite à plus de 100 km du littoral 😄.
Et puis, j'ai déménagé, j'ai été travailler à 40 km de chez moi et... j'ai rencontré les trains suisses.
La grande conversion
Ce que j'y ai gagné
Soyons honnêtes : le premier avantage, c'est presque physique. Monter dans un train, trouver sa place, poser ses affaires et… ne plus rien avoir à faire ou, au contraire, choisir de travailler et d'avancer dans ses projets presque en paix. Comme vous le savez, j'en ai toujours pas mal sur le feu.
On arrive à destination avec toute l'énergie nécessaire, surtout quand c'est quotidien et pour accueillir une vingtaine d'enfants qui n'ont pas tous décidé d'être présents.
Sans parler du temps. Ce temps de trajet qui, en voiture, est du temps perdu, devient en train du temps gagné. On lit, on travaille, on regarde défiler le paysage. On existe autrement qu'en conducteur.
Ce qu'il faut quand même avouer
Mais soyons tout aussi honnêtes sur l'autre côté de la balance.
- Le train nous laisse rarement à notre destination exacte.
- En famille, surtout avec de petits enfants, il faut créer l'animation : les paysages qui défilent ne sont pas suffisants.
- Les bagages restent limités face à ce que l'on peut entrer dans les monospaces et SUV contemporains.
Et puis, l'alternance n'est pas une mauvaise chose non plus. Lorsque je pars pour un ou deux jours au chalet avec les filles, je préfère le train, pour les vacances en famille, c'est plutôt la voiture.
Plus de loisir, de plaisir, de travail

C'est mon quotidien : trois fois par semaine, je vais à Lausanne en train. Une demi-heure de voyage, une demi-heure pour écrire ou répondre à des mails, préparer la journée ou la semaine, lancer les impressions, et parfois même juste regarder des vidéos.
Lorsqu'on n'a qu'à embarquer et à se laisser conduire, la tension et l'énergie qui ne sont pas placées dans la conduite peuvent l'être d'autres activités, professionnelles ou ludiques. Je m'ennuie rarement en train - je pourrais presque dire jamais. Souvent, mes trajets sont comptés comme tant de travail, avec une liste de choses à faire plus ou moins précise selon les saisons. Dès le mois de mai, ce sont les horaires de mes collègues qui occupent le plus clair de mon temps ferroviaire. En septembre, ce sont les mises à jour administratives pour ma classe, surtout lorsque j'accueille une nouvelle volée.
Voyager en train, c'est ouvrir une multitude d'opportunités ou simplement se laisser conduire et prendre des photos.




Pauses imposées
Pendant les longs trajets en voiture, on se demande toujours où l'on va s'arrêter. En train, les arrêts sont planifiés. Parfois on a juste le temps de courir pour attraper la correspondance, d'autres fois, bien assez de délai pour boire un café - avec un croissant !

Quand on a le temps, on peut aussi prendre de belles photos.





Vues depuis la gare de Montreux. J'ai été impressionné par ce hall de gare qui abrite la Migros.
Le plaisir commence au départ ; en voiture, c'est à l'arrivée, à moins que l'on aime passionnément conduire.
Pour la petite histoire
J'ai écrit la plus grande partie de cet article dans le train, à quelques jours de partir pour un périple de près de 2000 km... en voiture !
