Buvons un café ensemble.

Ces derniers jours, j'ai fait des tours de passe-passe avec une série d'ordinateurs :

  • jeter le plus vieux et passer les données sur celui qui l'était un peu moins,
  • transférer les données de celui-ci sur un plus récent
  • vider le plus récent pour l'installer sur une machine flambant neuve

Cette opération, je l'ai faite bien des fois depuis que je tourne dans l'univers Mac... mais tout ne s'est pas passé comme d'habitude !

Les étapes normales

Depuis plus de 30 ans que je travaille sur des ordinateurs, ma pile de data est bien lourde et, même avec de solides archives, les données que je trimballe sur ma machine quotidienne pèsent quelques centaines de gigas. Pas de souci, un Time Machine sur un SSD opéré juste pour la transition permet une réinstallation qui fonctionne presque dans 100 % des cas – après une sauvegarde qui aura quand même pris plusieurs heures.

Je paramètre la machine neuve, j'importe les données de la sauvegarde, je remets quelques codes ici et là, des autorisations un peu partout... et je pensais que c'était bon.

J'ai travaillé quelques heures sur cette nouvelle machine, j'ai apprécié l'écran nanotexturé – une première pour moi – et je suis rentré chez moi.

Et c'est là que tout a basculé

Si, sur la nouvelle machine, tout était en ordre – enfin, je le croyais – sur les autres machines et sur le kDrive en ligne, tous les fichiers avaient disparu, seuls les dossiers étaient restés en place. Bizarre, bizarre.

Aucune notification de la machine, aucun mail indiquant que des dizaines de milliers de fichiers avaient disparu... c'est en cherchant un fichier à joindre à un mail que j'ai constaté le vide sidéral qui avait été créé.

Mais ce n'est pas tout... vive le transfert à la demande !

Comme un problème n'arrive pas seul, au fur et à mesure de mes tentatives de restauration, j'ai constaté un autre problème, que je connaissais mais que je ne m'attendais pas à rencontrer ici.

Depuis quelques années, les différentes entreprises de stockage de données dans le nuage offrent une fonction généralement bien appréciée : le transfert à la demande.

Sur l'ordinateur, aucune différence apparente avec le stockage synchronisé : tous les fichiers sont bien présents dans les dossiers, comme s'ils étaient là... mais ils ne sont pas là. Ils sont remplacés par des liens qui, lorsqu'on désire ouvrir le fichier, se connectent à internet pour récupérer le fichier à ce moment précis pour nous le proposer à la lecture ou à l'édition.

Cette technique permet d'avoir des terras de données même sur un ordinateur limité en stockage, c'est le bon côté de la chose.

Le moins bon, c'est que, comme le fichier n'est pas réellement là, les sauvegardes ne copient rien. Il y a le nom, la taille, l'extension mais aucune donnée. Les programmes d'édition des fichiers renvoient des erreurs, le contenu ne correspondant pas à ce qui est attendu.

Ainsi, ma version des données sur ma nouvelle machine contenait des centaines – certainement des milliers – de fichiers vides, dont les liens étaient coupés étant donné que les fichiers avaient disparu de leur emplacement sur le serveur. C'est ainsi que mes quelques 400 GB de données tenaient sur moins de 300 GB de mon disque dur. Plus de 100 GB s'étaient évaporés !

Ce que j'ai fait

Ayant travaillé pendant plusieurs jours sur plusieurs machines, l'opération de récupération était un peu délicate.

  • J'ai donc pris l'option de sauvegarder tous les documents de la machine correcte pour garder une bonne base.
  • J'ai tenté de remonter tous ces documents à leur place dans le nuage mais, à chaque synchronisation, les dossiers restaient et les fichiers disparaissaient !
  • J'ai récupéré dans la corbeille du kDrive en ligne les dossiers supprimés – heureusement pas trop nombreux - mais leur synchronisation entraînait des erreurs dans les documents.
  • Pour les autres dossiers, la reconstruction s'est avérée correcte... mais au prix de renommage de tous les dossiers de base, puisqu'ils avaient été récupérés avec des petits (1) pour les différencier des dossiers vides.
  • J'ai tenté de retrouver l'ensemble des fichiers entre différentes sauvegardes en dur et plus anciennes... ce qui aurait pu être une solution... de patience.
  • Finalement, j'ai créé un nouveau répertoire sur le kDrive, j'ai récupéré l'ensemble des fichiers de la corbeille en ligne – qui avaient l'avantage d'être complets et non de simples liens déguisés en fichiers opérationnels – j'ai sauvegardé les documents présents sur les dossiers de travail.

Alors que j'écris cet article, la synchronisation semble se faire correctement avec ce nouveau dossier de base. Il ne me restera qu'à ajouter les quelques fichiers qui pourraient manquer, soit ceux sur lesquels j'ai travaillé depuis la mise en route du nouvel ordinateur.

Ce que j'aurais pu faire

  • Copier les fichiers modifiés ces derniers jours, voir l'ensemble des documents réellement présents sur le disque.
  • Demander une restauration complète du kDrive à une date antérieure.

Au final, cela m'aurait demandé bien moins de travail mais il aurait fallu que je sois au fait des différentes étapes précédentes qui ne sont apparues que l'une après l'autre.

Ce que j'ai appris

  • Les stockages dans le cloud, c'est délicat. Autant avoir ses données en dur chaque fois que c'est possible.
  • La synchronisation n'est pas une sauvegarde : supprimer un fichier à un endroit de la boucle le supprime partout.
  • Chaque nouvel ajout au système – ici kDrive, mais ça pourrait être n'importe quoi d'autre – peut générer des surprises. Une vérification en profondeur doit être effectuée après un transfert ou une modification en profondeur.
  • Apprenant de cette erreur, je pourrai agir en amont la prochaine fois, peut-être en désactivant la synchronisation, en supprimant toutes les données synchronisées, et en connectant le dossier vide comme s'il devait accueillir les données pour la première fois. Cette dernière astuce n'est pas directement liée au problème de suppression de fichier mais à la difficulté qu'a kDrive de reconnaître comme identiques des fichiers qui le sont vraiment.

Au-delà de la raison qu'Infomaniak pourrait me donner pour cette situation, cela repose la question des nuages à utiliser. S'il devait s'avérer que ce transfert est aussi complexe à effectuer avec ce nuage précis en plus de la synchronisation parfois capricieuse, je pourrais retourner à 100 % sur mon Synology, dont le système me convient parfaitement dans 99 % des cas. Seuls l'investissement en un coup pour augmenter la capacité de stockage et l'énorme place perdue avec la solution du Drive m'ont poussé à tenter une solution externe et hybride.

Wait and see...

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