Voler
Il paraît que c'est le plus vieux rêve de l'homme : voler. Comme les oiseaux. Prendre de la hauteur. Se laisser porter. Dans le silence. Presque sans effort.
Moi qui ne suis pas très aventurier, je n'aime pas les sensations fortes. Saut en parachute, aile delta ou parapente ne me font vraiment pas de l'œil ! Mais cela faisait un certain temps qu'un vol en montgolfière semblait m'offrir un bon équilibre entre sensations un peu fortes, sorti de ma zone de confort – et du plancher des vaches – tout en restant faisable. C'est ainsi que j'ai économisé et que j'ai emmené mon épouse et ma grande dernière dans l'aventure la semaine dernière.
Ensuite, il fallait trouver un prestataire de service et une date qui convenait à tout le monde, à commencer par la météo ! En effet, les conditions de vent en particulier, sont draconiennes et une petite brise au sol peut se révéler bien plus handicapante qu'on ne pourrait y penser.
Avec un peu d'appréhension, beaucoup d'envie et un brin de témérité, nous nous sommes préparés pour l'aventure... et nous n'avons pas été déçus !





La préparation
Une montgolfière moderne n'est rien d'autre qu'une nacelle attachée à un bout de tissus. Enfin, le bout fait quand même plusieurs mètres de long et contient des milliers de mètres cubes d'air chauffés à une vingtaine de degrés. Cela nécessite tout de même un peu d'effort pour mettre le tout en place et quelques mesures de sécurité, comme arrimer la nacelle au sol afin qu'elle ne s'envole pas trop tôt !
Lorsque le ballon est rempli et que l'air est suffisamment chauffé, c'est l'abordage. Des passagers. Nous étions 15 et avions bien assez de place.
Larguer les amarres et prendre de la hauteur
L'envol se fait paisiblement. Les amarres sont détachées et, doucement mais sûrement, l'embarcation prend de la hauteur. Au moins pour commencer. Ensuite, il faut faire confiance au pilote aguerri qui connaît bien mieux que nous les courants, les itinéraires et, éventuellement, les obstacles à éviter. Sans un peu de retenue, on aurait pourtant vite fait de lui signaler que l'on descend trop, qu'il y a des arbres vraiment trop près et que, en suivant cette trajectoire, on va s'embrocher comme le barbecue du dimanche. On fait bien de se taire et de laisser faire le professionnel dans ces cas-là.
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En toute quiétude (ou presque)
Passés ces moments qui nous remettent à notre place de novice, on se laisse gagner par le bonheur de voler. Par le silence de l'altitude que l'on gagne petit à petit. En étant émerveillé devant un paysage grandiose s’étendant de l’est au nord, et de l’ouest au sud. Les paysages ne changent pas beaucoup dans le Nord-Vaudois pourtant, à chaque tour, tout semble nouveau. Nouvelle lumière. Nouveaux contrastes. Nouvelles sensations.
C'est paisible, agréable. Tout le monde se tait ou chuchote. On ne voudrait perturber cette quiétude pour rien au monde.
Seuls les coups de flammes pour réguler la température dans le ballon viennent nous sortir de cette ambiance idyllique, par un violent souffle et une chaleur semblable à celle que l'on ressentirait en s'approchant trop près d'une cheminée. Rien n'est parfait. C'est le prix à payer.
La région survolée se révèle petit à petit. Morges. Lausanne au loin. Le Léman. Les Alpes françaises, puis bernoises. Le Jura. Le Nord Vaudois. Yverdon-les-Bains, on pourrait presque y voir notre habitation. La région des Trois Lacs. Les villages, les campagnes. Parfois, des promeneurs nous font un signe de la main. On comprend qu'ils apprécient notre passage sans bruit au-dessus d'eux. Peut-être qu'ils nous envient un peu. Beaucoup.
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Toute bonne chose a une fin
Après une heure de vol, il est nécessaire de penser à redescendre. Définitivement. Si les vols long-courriers peuvent parfois avoir un atterrissage qui tangue un peu à Newark ou dans n'importe quel autre aéroport international, il en va tout autrement lorsqu'il s'agit de poser un ballon de plus d'une tonne sur un champ à vaches !
D'ailleurs, le ballon est paré pour cet exercice : hauts bords capitonnés, poignées à agripper. Nous apprenons également la position adéquate, dos contre les séparations, genoux pliés, on pourrait se retourner à 90° degrés qu'il n'y aurait pas de casse. Seule ombre au tableau : les mesures de sécurité pour photographe. Si les sacs sont arrimés et les apprentis oiseaux assurés, l'appareil photo autour du cou reste libre de ses mouvements. Je l'ai appris à mes dépens ! Les secousses du premier contact avec la terre l'ont violemment projeté du sol vers mon menton. L'appareil photo n'a rien, seul le filtre de protection a quelques égratignures. Mon menton s'en souviendra à vie. Appareil 1, menton 0 ! Heureusement, l'hôpital a été évité et, après quelques jours, les douleurs ont disparu.

Outre l'aventure de vol, l'expérience du silence aérien, les souvenirs dans la mémoire et le vécu commun, il reste une quantité abondante de clichés, chacun dans leur style, comme autant de souvenirs pour se remémorer l'instant qui a passé si vite.
Envie de tenter l'aventure, voici le prestataire de service que nous avons utilisé et dont nous sommes très contents. Lien non sponsorisé.


